Le Conseil de Paris a adopté, lundi 25 mars, le vœu de la majorité municipale prévoyant l'entrée en application dès la rentrée 2013 de la réforme des rythmes scolaires, avec le retour de la semaine de quatre jours et demi.
Réagissant à la décision de Lille de repousser la mise en place de la réforme à la rentrée 2014 le maire de Paris, Bertrand Delanoë (PS), avait annoncé le 18 mars que cette réforme du gouvernement contestée par les enseignants à Paris entrerait en application dès cette année.
Et que Paris voterait en ce sens une semaine plus tard. Le vœu qu'il a soumis lundi matin aux élus parisiens a été adopté à 94 voix contre 69, alors que les opposants au projet organisaient une nouvelle journée d'action dans la capitale.
Plusieurs centaines de personnes, enseignants en grève et parents d'élèves, manifestaient dans le même temps devant la mairie pendant la réunion du Conseil de Paris. "Pas de passage en force, M. Delanoë, écoutez les parents et les enseignants", portait une banderole accrochée sur un immeuble en face de la mairie.
‘’On a besoin de temps pour débattre au sein de la communauté éducative’’, a déclaré Jérôme Lambert, responsable départemental du SNUipp-FSU, premier syndicat du primaire, dénonçant "un simulacre de concertation".
Selon M. Lambert, 55 % des professeurs des écoles parisiens étaient en grève lundi, et 101 écoles étaient fermées. Le ministère de l'éducation avait fait état, ce week-end, de 41 % d'enseignants ayant l'intention de faire grève et de 15 % d'écoles susceptibles d'être fermées.
Les manifestants devaient ensuite défiler vers le rectorat à la Sorbonne, puis se réunir en assemblée générale pour décider des suites de leur action. "Si la mairie veut passer en force, on ne se laissera pas faire", a assuré M. Lambert.
Le constat est quasi-unanime : les élèves français ont des années scolaires trop courtes et des journées trop longues. En juillet 2011, la conférence nationale sur les rythmes scolaires, réunie à la demande du ministre de l'éducation Luc Chatel, préconise dans son rapport d'orientation (PDF) un "étalement de la semaine sur au moins neuf demi-journées, dont, à l'école élémentaire, une demi-journée supplémentaire de trois heures d'enseignement (le mercredi ou le samedi)".
Le décret modifie l'organisation de la semaine de classe pour les élèves des écoles maternelles et élémentaires une demi-journée est ajoutée, fixée au mercredi matin, et la journée est raccourcie. Si la commune le souhaite, cette demi-journée peut être le samedi, "lorsque cette dérogation est justifiée par les particularités du projet éducatif territorial et présente des garanties pédagogiques suffisantes". Ce pourrait être par exemple le cas à Lille.
L'organisation des vacances scolaires n'est pas concernée par ce décret et la durée de l'année scolaire reste fixée à 36 semaines. Une réforme des rythmes annuels n'est pas à l'ordre du jour, mais M. Peillon a répété que cela pourrait être le cas à l'horizon 2015.
Le nombre d'heures hebdomadaire reste le même qu'avant l'ajout d'une demi-journée supplémentaire, c'est à dire vingt-quatre heures. Les heures d'enseignement doivent donc être réparties dans la semaine, en respectant trois critères :
une journée d'enseignement ne peut pas durer plus de cinq heures trente
une demi-journée est limitée à trois heures trente ;
la pause de midi, doit être supérieure à une heure trente.
Les conseils d'école ou les communes proposent un projet d'organisation qui sera ensuite validé par la direction de l'académie.